«Jai tué pas mal de gens avec mon Kalachnikov. Cest facile. On appuie et ça fait tralala
»
Avec Allah n est pas obligé, Ahmadou Kourouma nous livre un récit drolatique et d'autant plus terrifiant sur une époque de massacres dont les enfants sont les tristes héros. Une histoire qui a comme toile de fond les "guerres tribales " du Libéria et de la Sierra Leone. Pour cet ouvrage, l auteur lun des écrivains les plus importants du continent africain sest vu décerner le Prix Renaudot. 
«M appelle Biharima.J aurais pu être un gosse comme les autres.Un sale gosse ni meilleur ni pire que tous les sales gosses du monde, si jétais né ailleurs que dans un foutu pays dAfrique. Mais mon père est mort.Et ma mère,qui marchait sur les fesses, elle est morte aussi. Alors je suis parti à la recherche de ma tante Mahan,ma tutrice.C est Yacouba qui maccompagne. Yacouba,le féticheur, le multiplicateur de billets, le bandit boiteux. Comme on n a pas de chance, on doit chercher partout, partout dans le Libéria et la Sierra Leone de la guerre tribale. Comme on n a pas de sous, on doit sembaucher, Yacouba comme grigriman féticheur musulman et moi comme enfant-soldat. J ai tué pas mal de gens avec mon kalachnikov. C est facile. On appuie et ça fait tralala. Je ne sais pas si je me suis amusé. Je sais que j ai eu beaucoup mal parce que beaucoup de mes copains enfants-soldats sont morts. Mais Allah nest pas obligé d être juste avec toutes les choses qu'il a créées ici-bas » (extraits de Allah n est pas obligé, Seuil, Paris,2000).
Même si le phénomène des enfants-guerriers ne date pas d hier, ilprend aujourd hui des proportions sans précédent. Ils seraient au moins 300.000, combattant, armes au poing, dans plus de trente pays.
Le droit international et ce, malgré les récentes avancées fixe à 15 ans l âge minimum pour senrôler. Trop jeunes pour voter,assez âgés pour tuer
Ou se faire massacrer..Certains nont même pas 8 ans.
Allah n'est pas obligé est un texte superbe, intense ,inventif et féroce. C'est aussi un acte essentiel posé contre la fatalité.