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Le texte de Wajdi Mouawad évoque de manière simple, le suicide. Face à une caméra, John fait ses adieux au monde et en particulier à ceux qu’il aime. La dernière demi-heure d’un jeune homme sur terre. Le chant du cygne d’un adolescent. Les mots sont durs mais parfaitement choisis, la détresse est palpable. L’issue ne fait pas de doute.
Pourquoi un tel spectacle ? Pourquoi proposer un spectacle autour de ce thème ? En quoi cela peut-il intéresser les gens et en particulier les adolescents à une époque où s’il est vrai qu’on peut débattre de tout, on tente toujours de le faire sur fond de divertissement. Pas question de ça. Pas question non plus de proposer un art douloureux ou d’écorchés - ici, le souhait est d’être simplement le plus juste possible.
La mise en scène d’Itsik Elbaz est à cette image : à dimension humaine. Evitant l’identification mais pas l’empathie pour lui, mettant une distance entre le personnage et le public mais pas entre le sujet et le public, la mise en scène ne veut pas choquer mais provoquer le débat, la discussion.
Il ne s’agit pas de faire de la prévention mais de lever le voile sur un sujet tabou, malheureusement bien actuel : le suicide. Rappelons qu’en septembre dernier les statistiques de l’OMS démontraient que le suicide était devenu la troisième cause de mortalité chez les adolescents au niveau mondial… Il serait peut-être temps d’en parler !
La pièce sera suivie d’une plate-forme de discussion animée par Jean-Marc Priels, psychologue spécialisé dans les problématiques liées au suicide. Ce dernier resituera la place de l’art dans la société et permettra d’éviter l’écueil de l’identification au personnage. Il encouragera la prise de parole tout en équilibrant ce débat.
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