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Lever de rideau. Padraic, l'esprit le plus tordu que la 3ème ou 4ème génération des terroristes irlandais ait jamais pondu, est en pleine séance de torture d'un petit dealer de cannabis.

Padraic en est à la découpe des tétons de sa victime quand son père lui annonce au téléphone que son chat, sonpetit chat, son chat chéri, son seul ami, est malade.
Le chat, en fait, a eu la cervelle éclatée – ce ne sera d'ailleurs pas le seul bouillon sanguin d'une pièce très gore et pleine d'effets spéciaux – mais personne, même pas son père n'ose le lui annoncer. Padraic file illico presto pour Inishmore, trois tueurs de la faction adverse à ses trousses, pour régler ses petits problèmes animaliers et en profiter pour terroriser quelque peu la ville.
Il faut dire que dans cette région où on est à la dixième génération de poseur de bombes, où dès leur plus jeune âge les enfants - filles comme garçons - s'exercent au tir avec des carabines à plombs en prenant pour cible les yeux des vaches, où les mots vengeance et représailles font partie du quotidien, on traite la vie humaine avec le dédain le plus profond. Mais attention !, on peut faire montre d'une grande sensiblerie face au destin malheureux d'un petit chat…
Le Lieutenant d'Inishmore est une formidable satire du terrorisme instauré en train-train quotidien. Martin McDonagh prouve qu'on peut rire de tout comme l'a fait avant lui Synge au théâtre et plus récemment Tarantino au cinéma avec lesquels la filiation se pose comme une évidence.

Il y a du burlesque chez McDonagh – actuellement en résidence au prestigieux Royal National Theater et est détenteur de nombreux prix, notamment celui d'auteur le plus prometteur de la décennie décerné par le Evening Standard Award en 1996 – et dans ses personnages.
Proposé à Londres la saison dernière, le spectacle, comme les déclarations de son auteur ( "Je suis mille fois meilleur que cet enculé de Shakespeare") ont fait les choux gras. A preuve les réactions de la presse : "Le talent narratif de Martin McDonagh ne fait aucun doute. Le Lieutenant d'Inishmore est incroyablement amusant, souvent palpitant." (Oliver Jones dans What's On). "Incroyable. On apprécie cette mystification sadomasochiste incluant rire et violence gratuite." (Patrick Marmion dans Evening Standard). "A l'entrée du théâtre, on trouve cet avertissement : "Certaines scènes sont d'une extraordinaire violence,
le niveau sonore des explosions et des coups de feu, est élevé. Prière de contacter notre personnel pour plus d'informations. Merci." Ce n'est pas ce qui est le plus perturbant à propos de la pièce de Martin McDonagh. Le théâtre aurait dû rajouter "Vous rirez tellement pendant ces scènes d'une extraordinaire violence, peut-être si fort que vous n'entendrez plus les bruits des coups de feu" et encore "le théâtre s'engage à fournir dès lors une équipe psychiatrique pour venir en aide à ceux qui culpabilisent." (Benedict Nightingale dans The Times).

 
 

LE LIEUTENANT D'INISHMORE

Du 28/11/ 2002 au 4/01/ 2003

[PRESSE]

De Martin McDonagh
Mise en scène
Derek Goldby assisté par Thierry Janssen et Hélène Cordier

Avec Guy Pion, Raphaël Collinge,
Stéphane Fenocchi, Denis Carpentier, Jennifer Bare, Karim Barras, Aurélien Ringheleim, Sifiane.

Décor et costumes: Kim Beresford-Lumières: Xavier Lauwers

 

 

 
 
 

Le Théâtre de Poche 1a Chemin du gymnase 1000 Bruxelles (Bois de la Cambre)
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