|
Premières rencontres 2006
Mélanger des élèves acteurs
tout frais émoulus des écoles d’art dramatique et des personnes handicapées
dans un spectacle grand public est un challenge que bien peu auraient osé
relever.
Charlie Degotte a relevé le gant
et nous offre un divertissement surprenant.
Il mélange le chant, la danse, l’humour, la poésie, la tendresse et l’ironie
dans un étrange équilibre, mais très respectueux de
chacun.
Sur une scène
épurée de tout décor, avec pour seuls accessoires des sacs en papier et des
gants blancs, ils sont 13 et ça ne leur porte pas malheur !
Chacun y a sa place, dans le respect de sa personnalité, de sa différence.
Pas de simple figurant ici, chacun a son rôle, ses gestes, son moment pour
passer dans le halo du spot.
Tous s’expriment, certains avec fougue et entrain comme Éric Mercier,
d’autres parfois plus timidement, d’un simple geste, d’un haussement
d’épaules, d’une grimace, d’un cri vibrant, d’une danse lascive.
Pas d’acteur fétiche ou de premier rôle, on notera juste la superbe présence
scénique de Simon Drahonnet et d’Eric Mercier.
Premières rencontres 2006 est un spectacle généreux et
tellement plein d’allant, qu’on lui pardonnera ses quelques balbutiements et
hésitations.
On les oubliera même pour saluer la performance quand on sait qu’il a été
monté en quinze jours chrono, un record, un tour de force même !
Je préfère donc retenir le sourire d’Eric
Mercier et sa petite goutte lancinante.
Charlie Degotte s’est joué des
différences et même en a joué pour nous offrir un spectacle complet où l’on
ressent un esprit de camaraderie et d’entraide qui fait chaud au cœur, et qui
console des blessures que parfois ces satanées différences et barrières
peuvent causer.
|