L'HOMME QUI MANGEA LE MONDE

de NIS-MOMME STOCKMAN

Vous côtoyez des personnes ayant souffert ou souffrant de burnout ? Vous êtes vous-même dans cette réalité ?
Vous souhaitez partager vos expériences, commentaires, récits de vie, anonymement ou pas?

Cet espace est pour vous…

Dans nos sociétés aux injonctions d’efficacité et de rendement, nous croyons parfois devoir « abattre l’autre » et « manger le monde » sous peine de  disparaître.
Voici une pièce puissante et drôle dans laquelle le personnage principal souffre de burnout, une maladie qui touche, parait-il, un travailleur belge sur six. Sans s'attarder sur les causes, elle interroge surtout ses dommages collatéraux et questionne la quête du bonheur.

Je témoigne

Les témoignages

je me trouve dans tous les témoignages ; ai vécu beaucoup de maltraitance à mon boulot, je travaille dans l'administration et on m'a fait successivement plusieurs mauvais rapports jamais vérifiés dans les faits mais qui n'étaient que l'occasion de m'expulser de services pour me faire atterrir finalement dans un cc ou je transfère des appels non stops avec la pression des statistiques et des horaires depuis juin 2015. là le stress a fameusement augmenté. J'ai voulu lutter comme toujours mais aujourd'hui mon corps ne répond plus. il n'en peut plus. un harcèlement latent un travail stressant un boulot qui a de moins en moins de sens ont fait de moi auj une loque. plus aucun idealisme plus de dynamisme. je continue a travailler mi temps mais je sens que c'est trop .. je me sens épuisée vidée démolie. plus moi -même. avec l'aide d'une psy et un maigre soutien familial et amical (beaucoup de solitude) j'essaie de m'en sortir et de trouver des pistes pour remonter la pente. je n'ai plus envie de travailler dans ce cc . c'est stop. ai envie de prendre le temps , d'aller au bois de la cambre, de recontacter des anciennes connaissances, de vivre et plus de survivre. le chemin sera long. j'en veux bien sur a ce milieu du travail qui m'a rendue inerte et stressée. Le monde du travail est dur. et on s'attaque souvent aux plus fragiles ou à ceux qui donnent le plus. aucun retour que du négatif et travailler plus et plus. Aucune humanité beaucoup de méchancetés, de jalousie, d'intolérance. je sens que c'est suivre des cours d'histoire de l'art qui vont me redonner gout a la vie, me nourrir intérieurement. me guérir. j'hésite encore à le faire mais je sais que ma guérison passera par là.

mirabelle, 14 Octobre 2018

victime du burnout ou le recit de l'ane et de la carotte... Tel l'ane la société nous fait avancer avec ses carottes (personnelles, professionnelles, sociétales, etc...) le burn out fait maintenant partie de ma vie je ne pensais pas que ça pouvait m'arriver et pourtant. Se reconstruire est un combat de tous les jours même après avoir repris le travail, mis des balises et avoir osé dire non à ce qui m'étais demandé. Je ne peux que penser qu'une génération sera perdue à cause de ce mal être, le plus souvent induit par la politique de la fuite en avant sans aucun vrai projet de société de nos édiles et de ses retombées tant au point de vue professionnel que personnel. Je souhaite à tous ceux qui ont été touché de près ou de loin par cette maladie d'en sortir grandi et plus humain que jamais, ayez foi en votre humanité et respectez votre échelle de valeur pas celle pronée par la société.

michel, 10 Octobre 2018

En burn out depuis le 25 avril 2014, je n'ai plus été apte à reprendre le travail depuis.. j'ai fait plusieurs burn out non diagnostiqué.... le diagnostique quant au futur est réservé ... mon choix être heureux malgré la bête qui m'agresse (je vis entre crise et période de rémission) ... je suis prêt à témoigner ! J'ai eu le plaisir de croiser Anne Everard lors d'une conférence d'elle et du docteur Corten... j'imagine qu'elle se souvient de moi car l'on a échangé via sa page "burn out Belgique sur Facebook ... 0477 338 717 ou marcmarcus@hotmail.com ! Bon information pour que le burn out tente à disparaître de notre civilisation !

MARCUS Marc, 29 Septembre 2018

Je suis en congé de maladie depuis un an suite à un burn-out. Pourtant, je préfère parler de congé de guérison car malade, je l’étais avant, dans ma frénésie, mon stress, ma course contre le temps. Tout était minuté et ma famille dégustait… J’ai résisté pendant 15 ans, je n’ai pas épargné mon corps, je n’ai pas écoutée ses signaux. Vu que je ne trouvais pas de sens dans le métier que j’exerçais, je multipliais les activités et le bénévolat tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’organisation où je travaillais, un temple de la finance. Je voulais remettre l’humain au centre, sensibiliser les employés aux enjeux environnementaux, contribuer à créer des liens dans un monde de plus en plus complexe, déshumanisant et robotisé. Et puis, le soir du 31 août, date symbolique pour les mères-bulldozers, car le jour après, la course recommence de plus belle, je me suis effondrée. ENFIN ! Enfin m’arrêter, m’autoriser à me reposer, à ne rien faire,…Enfin, nommer cette souffrance, ce mal-être. Par moments, je ne savais plus qui j’étais. Par moments, je me suis demandé si j’existais, sans les rôles que j’endossais. Et j’ai découvert que, oui, j’étais bien vivante ! Le burn-out est la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Avant, je m’identifiais avec le FAIRE, maintenant je souhaite simplement ÊTRE. J’écoute mes envies et mes besoins, je mets des limites, je laisse de la place à l’imprévu (avec lequel j’avais beaucoup de mal, dans ma folie de vouloir tout contrôler), j’ai rayé les « je dois, il faut », je ne dis plus à mes enfants « Dépeche-toi ! », je savoure l’instant, je prends mon temps, je suis hors du temps… Je suis devenue allergique à des mots comme « objectifs », « rentabilité », « efficacité », « planification », « performance ». J’ai écrit deux listes: les choses qui me donnent de l’énergie et celles qui me l’enlèvent. J’ai découvert que voir sur Facebook des projets super positifs pour sauver la planète, lire mes mails le soir, faire des trajets en voiture ou en transports en commun me demandent de l’énergie. Des petites joies quotidiennes comme marcher dans la nature, faire une sièste, déjeuner avec une amie sans organisation préalable me donnent de l’énergie. A présent, je souhaite me laisser traverser par la vie avec la certitude que les choses se feront au bon moment, je souhaite me concentrer sur ce qui me donne de la joie, apprendre à m’aimer, dépasser mes croyances limitantes, pardonner ce/ceux que je n’ai pas encore pardonné(s), cultiver la bienveillance, le non-jugement, l’intuition, la créativité, faire de la place à toutes les dimensions de l’Humain, (physique, mentale, émotionnelle, énergétique, spirituelle), m’autoriser à faire des erreurs. J’ai remarqué qu’à partir du moment où je prends soin de moi, je suis beaucoup plus disponible et à l’écoute vis-à-vis de ma famille et de mes proches, je parviens à offrir à l’autre une qualité de présence, plus empathique. J’ai quitté l’ancienne carapace, j’en ai une nouvelle, beaucoup plus souple et brillante. J’ai quitté l’autoroute, je prendrai des petites rues de campagne, à mon rythme. Il y aura des obstacles, des craintes, des doutes. Par moments, je serai triste et découragée et c’est normal. Le chemin n’existe pas, le chemin se fait en marchant, comme dit le poète. J’ai confiance en la vie et « en ces hommes et ces femmes que je rencontrerai et qui me donneront peut-être des idées, des conseils, de l’espoir, et pourquoi pas, de l’amour ». Et je garderai une phrase bien devant moi : « Tout ce que nous voulons est au de-là de la peur ».

Marzia (en transition), 17 Septembre 2018

Vivre avec quelqu'un qui vit un burn out est terrible car on voit la personne réellement se consommer sous nos yeux et n'ayant plus de notion de la limite par rapport ici au travail. La personne change complètement et dans mon cas, la zone "tampon" était la zone familial et donc on ne reconnait plus sa compagne, la mère de nos enfants, qui hurlent d'un coup, parle à ses propres enfants sans qu'on puisse la reconnaître. Cette personne se brûle car elle continue à travailler comme une malade jusque des heures pas possible en ayant toujours l'impression de pas faire assez. La reconstruction est compliquée et très longue. C'est très dur en tant que partenaire car parfois nous n'avons plus la force et envie de juste laissé sa compagne qui fait un burn out sur le côté...

, 15 Septembre 2018

Plus de témoignages