CRITIQUE

Jeux pervers
Camille Perotti

Mis en ligne le 19/09/2009
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Au théâtre de Poche, "Le Locataire" de Joe Orton secoue le puritanisme.

Quand "Le Locataire" de Joe Orton est représenté pour la première fois en 1964 sur une scène londonienne, scandale ! Evoquer l’homosexualité alors qu’elle n’est pas dépénalisée Et pourtant, trente-cinq ans plus tard, l’écriture de l’auteur satiriste provoque et secoue toujours autant. Ce ne sont pas les thèmes abordés, tels le sexe ou le meurtre qui choquent en tant que tels, mais plutôt la manière dont ils sont traités. Sous leur apparente respectabilité, les personnages se révèlent des monstres lubriques et malsains.

Mr Sloane (Toussaint Colombani) loue une chambre chez Kathy (Nicole Valberg), célibataire entre deux âges en manque d’attention, et son père (Gérard Vivane) qui découvre que le jeune et beau locataire n’est autre que le meurtrier de son patron. Alors que les relations et les rapports de force se resserrent, l’entrée en scène du frère de Kathy (Georges Satiadis) complique tout, le beau garçon se trouvant au centre des désirs pervers des propriétaires et luttant contre l’ire du grand-père.

Si le texte et la scénographie réaliste, presque trop expressionniste, de Marcos Vinals Bassols déroutent, les comédiens interprètent les personnages immoraux en exagérant les traits grossiers de leurs caractères, juste ce qu’il faut pour les rendre crédibles. L’ensemble fonctionne, la mise en scène de Derek Goldby prenant le parti de la comédie à l’humour noir, sert la verve sauvage critiquant les petits bourgeois de Joe Orton. Un bien étrange spectacle à l’inquiétante drôlerie.

Bruxelles, Théâtre de Poche, jusqu’au 17 octobre. Durée : env. 2h, de 7,50 € à 15 €. Tél. 02.649.17.27. Web. www.poche.be

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